L'Histoire de l'Ostéopathie

Trois grandes figures ont marqué l’histoire de cette discipline : Tout d’abord Andrew Taylor Still, son fondateur ; John M. Littlejohn qui a poursuivit le travail de Still en y incorporant davantage de physiologie, et enfin William G. Sutherland, qui a introduit le concept crânien dans le champ ostéopathique.

Andrew Taylor Still

Andrew Taylor Still Né en 1928 aux Etats Unis dans une famille de pionniers, missionnaires méthodistes, il devient fermier et apprend la médecine aux cotés de son père. Rappelons qu’à cette époque, la médecine dans le Middle West américain reste très pauvre puisque l’isolement des pionniers les force à se débrouiller seul. Il apprend énormément aux côtés de son père médecin et des indiens Shawnees qu’il alphabétise. Par la suite, il fera quelques études d’ingénieur qui éveilleront chez lui une passion pour la mécanique. Cet intérêt aura par la suite un rôle important dans l’élaboration du concept ostéopathique.

Il s’engage en tant que combattant et médecin aux cotés des Fédérés durant la Guerre de Sécession. Puis, un drame le frappe : trois membres de sa famille décèdent à la suite d’une épidémie de méningite cérébro-spinale. L’incapacité de la médecine de l’époque à soigner les membres de sa famille va constituer un tournant majeur dans sa vie. C’est à la suite de ce traumatisme qu’il se lance dans la recherche obsessionnelle d’une nouvelle médecine. Sa passion le pousse à étudier intensivement l’anatomie et le fonctionnement du corps. Son intérêt pour la mécanique lui permet d’appréhender le corps comme une machine.

Il n’était pas rare, paraît-il, de le voir se balader avec un sac rempli d’ossements, qu’il sortait à sa guise au besoin de sa réflexion, ou pour démontrer ses arguments.
Voulant une formation médicale plus formelle, il reprend ses études au collège de médecine du Kansas mais ne termine pas sa formation.
En 1874, il parvient à soigner contre toute attente, un enfant atteint de dysentrie, pendant une épidémie. Puis d’autres, avec succès.

Le 22 Juin 1874, est le jour où Still a eu la révélation de la potentialité et de la cohérence de sa nouvelle médecine : au-delà de la vision anatomique, mécanique et physiologique, il allie également un savoir faire manuel ainsi qu’un concept philosophique. Très vite, il se heurte à l’hostilité du monde médical et du clergé. Malgré tout, il continue sa médecine itinérante et très rapidement, sa renommée et son succès dépassent les frontières du Kansas et du Missouri. Ne pouvant plus gérer l’afflux de patients seul, il décide de transmettre ce savoir-faire et crée en 1892 l’American School of Osteopathy à Kirskville (Kansas) où il enseigne. Puis alors trop agé, le « Vieux Docteur » décide de se retirer pour écrire.

John Martin Littlejohn (1865-1947)

John Martin LittlejohnD’origine anglaise, il reçoit une formation universitaire dans le domaine de la théologie, des lettres et de la médecine.
De condition physique faible, il est contraint de quitter l’Angleterre afin de changer de climat. C’est ainsi qu’il immigre aux Etats-Unis. Il entend parler des miracles de Still et part consulter à Kirksville. Fasciné par le succès de cette nouvelle médecine et constatant son succès, il décide de rester et d’étudier l’Ostéopathie.
Réciproquement, Still admire l’intelligence de Littlejohn et lui propose de donner des cours de Physiologie.
Cependant, des divergences apparaissent entre les deux hommes. Littlejohn quitte Kirskville et s’établit à Chicago où il ouvre avec ses deux frères l’American College of Osteopathy, Medecine and Surgery et publie également quelques ouvrages.
En 1913, il rentre en Angleterre, mais la Grande Guerre retarde son projet de création de la British School of Osteopathy (BSO) , qui finalement voit le jour en 1917. C’est ainsi que l’ostéopathie arrive en Europe.

Littlejohn a poursuivit l’œuvre de Still mais en y incorporant une vision plus scientifique et médicale due aux progrès de la recherche dans ces domaines. Il insiste également sur l’importance de l’harmonie dans la relation de l’organisme avec son environnement pour obtenir une santé optimale.
On retiendra également de lui, l’étude les relations existant entre les différents niveaux de la colonne vertébrale et les organes du corps, ainsi que l’adaptation de l’homme à la verticalité.

William Garner Sutherland (1873-1954)

WG SutherlandOriginaire du Middle West américain, Sutherland est bien loin du monde médical, puisque dès un très jeune âge, il est apprenti dans une imprimerie avant de devenir journaliste. C’est par sa profession qu’il entend parler du succès de l’Ostéopathie et qu’il décide d’aller à Kirksville se faire sa propre opinion. Sur place, il constate l’afflux de patients venant parfois de très loin, et surtout le succès et la qualité des soins procurés. Voulant en savoir davantage, il entreprend au Collège de Kirksville sa formation.

C’est en passant devant une vitrine contenant un crâne humain désarticulé, que Sutherland fût frappé par une intuition : les formes et agencements des différentes pièces composant ce crâne, laissent supposer l’existence d’un mouvement. Cette intuition qu’il nomme « idée folle », va le hanter des années et être le point d’origine d’une vaste recherche tant sur l’anatomie que sur l’expérimentation. Sutherland va alors étudier de nombreux cranes désarticules et observent les mêmes agencements, les mêmes découpes (ou biseaux). Ces biseaux, lui rappellent la mécanique des rouages utilisés en imprimerie. Il va alors en déduire tout un modèle mécanique crânien cohérent. La phase d’expérimentation se fait sur son propre crâne qu’il comprime à l aide de divers instruments (sangles, gants de baseball, bols) afin de recréer des traumatismes et d’expérimenter les symptômes engendrés.

C’est ainsi qu’il développa le concept crânien et publia notamment un ouvrage « The Cranian Bowl » (« La Coupe Cranienne ») . Sa méthode n’éveillera que peut d’intérêt chez ses paires et engendra de nombreuses controverses. Pourtant, cette approche permet de résoudre des troubles que les techniques d’ostéopathie « classiques » ne permettent pas.

Au fil des années, ses techniques deviennent de plus en plus douces et utilisent moins de forces extérieures : l’utilisation de la puissance inhérente du système corporel est ainsi privilégiée pour relâcher les tensions.

Et de nos jours ?

Il est aussi à signaler que des ostéopathes beaucoup plus contemporains tels que Rollin Becker, Viola Fryma, Jean-Pierre Barral ou Pierre Tricot, restent de grands noms dans le milieu et leur travail est en continuité avec ces trois fondateurs.

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